06/01/2026
Laurent Kroll et Jonathan Tadjine, un binôme remarquable

Quel est votre métier ?
Jonathan Tadjine : je suis monteur de réseaux électriques enfouis ou aériens. C’est un métier méconnu alors qu’il est essentiel : sans lui, les électriciens en bâtiment ne peuvent rien faire car ils n’ont pas de courant qui arrive ! C’est un métier d’extérieur et ça me va. Je préfère être dehors, qu’il pleuve des cordes, qu’il gèle ou qu’il fasse 40 degrés, car il y a de l’action et de la diversité. Les chantiers ne sont jamais les mêmes.
Laurent Kroll : je suis dans l’électricité depuis 40 ans. Avant SMTF, je suis resté 23 ans dans une autre société de TP, où j’ai gravi les échelons jusqu’à devenir chef de chantier et manager huit électriciens. J’ai aussi 12 ans d’électricité industrielle dans le CV. À 50 ans j’ai eu besoin de changer de rythme, j’ai rejoint SMTPF et je ne regrette pas cette décision : la direction nous suit, tout le monde s’entend bien. Surtout, on me fait confiance. Participer à la montée en compétence des équipes, pour moi, c’est ce qui donne du sens au métier.
Pourquoi travaillez-vous ensemble ?
L. K. : à mon arrivée chez SMTPF, j’étais seul aux manettes. Il me fallait un binôme. Jonathan me donnait régulièrement des coups de mains. Comme ça matchait bien, j’ai commencé à lui apprendre naturellement certaines tâches en électricité. Un an plus tard, grâce à l’appui de la direction, il a pu suivre une formation en alternance à l’AFPA. Aujourd’hui, il est autonome, je n’ai plus besoin d’être derrière lui. L’idée, c’était vraiment de poursuivre cette transmission ensemble ; il a soif d’apprendre, il est particulièrement investi. De mon point de vue, cette transmission est cruciale dans nos métiers.

Quels sont vos challenges au quotidien ?
L. T. : les normes évoluent tout le temps. En seulement un an, j’ai vu passer beaucoup de nouveautés, ce qui nécessite de l’engagement personnel pour rester en veille, être à la page, appliquer toutes ces nouvelles informations sur les chantiers. Il y a la remise à niveau de la certification, aussi, tous les trois ans. Sinon, la gestion des stocks peut être compliquée, avec des délais d’attente sur les livraisons pour nous comme pour le client. C’est surtout au niveau de la sécurité que ça se passe. On est amenés à intervenir sous tension et ce n’est pas anodin ! Il y a des bonnes pratiques à intégrer, des protocoles à tenir tels que les VAT (Vérifications d’Absence de Tension) et les mises à la terre. Cela veut dire que même si on a coupé l’armoire, on réalise systématiquement des mesures pour confirmer qu’on est hors tension.
L. K. : quand on a 400 ampères au poste, la priorité absolue c’est la sécurité et le port des EPI – gants isolants, casque à visière intégrale. Les risques sont permanents, on n’a pas le droit à l’erreur, fatale dans notre activité. Jonathan, je suis constamment derrière lui, je le couve un peu ; généralement je me charge des opérations les plus dangereuses pour qu’il puisse observer, se mettre en confiance et acquérir le savoir-faire petit à petit. En marge de l’expertise, c’est la rigueur stricte, les protocoles techniques qui nous protègent comme la consignation des armoires lors des interventions pour que personne ne puisse remettre en route l’alimentation…
Sur quels types de chantiers travaillez-vous ?
L. K. : éclairage public, feux tricolores, enfouissement de réseaux électriques. On travaille surtout sur des réseaux en basse tension, avec beaucoup de relamping en ce moment. J’avoue que la pose de nouveaux luminaires en LED est toujours plus simple que le relamping, qui exige des manipulations, remplacement des brides, des cross, etc. et se complexifie ou pas selon le candélabre existant. On ne l’imagine pas mais qui dit électricité réseau, dit aussi beaucoup de boulonnerie, de mécanique. Les chantiers de feux tricolores techniquement c’est du basique, bien qu’il faille répéter sans cesse les consignes de sécurité. Je ne lâche jamais rien.
J. T. : quand tout roule sans difficulté, on peut traiter une vingtaine de luminaires par jour. En relamping LED, le démontage peut être complexe, surtout quand ça grippe. C’est frustrant d’y rester 3/4 h quand normalement 10 min. suffisent ! Quand j’ai commencé, nous les terrassiers on pensait que l’électricité n’était pas vraiment un métier pénible. Alors qu’au quotidien, on casse des vis fusibles, on manipule des câbles en 240 mm2. C’est un mélange de force et de prudence !
Comment qualifieriez-vous votre relation professionnelle ?
J. K. : c’est clairement du mentorat. J’ai 56 ans et tout une vie d’expertise qu’il faut absolument transmettre. On enseigne tous les jours, particulièrement sur les dépannages, situations sur lesquelles il faut aller vite, tant sur le diagnostic que l’intervention elle-même. J’ai une vision claire de l’activité, des objectifs à atteindre, des conditions de travail optimales et il ne faut pas que ça dérape. Bon, on a tous notre petit caractère, mais les relations sont sereines, c’est l’essentiel. Dans cinq ans je suis à la retraite, de là Jonathan devra gérer tranquillement à ma place, prendre le relai pour former les jeunes. J’aurai rempli ma mission !
Quelles sont les valeurs ajoutées de SMTPF ?
J. T.: notre capacité d’adaptation à chaque chantier. Le but est de penser développement durable, d’anticiper, d’évaluer et cela nécessite une véritable expertise. À propos des raccordements en éclairage public, sur Fameck le contexte a fait qu’il était plus judicieux de renouveler tous les câbles. À Macheren, avec l’accord de la commission, on a choisi de ne remplacer que ceux qui n’étaient pas aux normes. On aime ce qu’on fait, on le fait bien, et ça les communes le savent, elles nous connaissent. Certaines ne veulent que nous, la meilleure gratification possible de notre travail. Je me souviens qu’une fois un confrère rencontrait des difficultés sur un dépannage. Le maire en a eu assez du retard et a fait appeler Laurent ; en 10 min., c’était réglé. Il n’y pas un patelin mosellan des environs dans lequel il n’a pas travaillé.
L. K. : aujourd’hui, SMTPF dispose de deux équipes de deux personnes, avec l’avantage de se compléter et de bien se connaître. La preuve avec Dominique Noé, qui nous a rejoints récemment et dont j’ai été le responsable dans une autre vie ! On n’oublie pas la relation de qualité et la proximité avec le client, la connaissance fine du terrain, fondamentales pour se démarquer. Pour faire la différence, il n’y a pas que le prix, et cela Romain Aubry (Directeur d’Agence SMTPF) et Ludovic Lardet (Technicien Bureau Etudes SMTPF) l’ont bien compris. Grâce à eux, l’activité et la notoriété de SMTPF pour tout ce qui concerne l’électricité se sont considérablement développées. Non seulement ça tourne, mais en plus on s’entend bien !